Départ de Mouchard
Ce sentier vous met à la place d’un géologue pour reconnaître le sous-sol du Bois de Vallum. Cette fiche vous guidera à la découverte des différentes roches calcaires qui en constituent le sous-sol, et de leur rôle dans l’organisation de notre paysage.
Prévisions à titre indicatif — vérifiez la météo locale avant de partir.
Les outils du géologue dont vous aurez besoin :
Un marteau pour casser la roche. Attention, toujours prélever de la roche « en place », et non un bloc présent au sol qui peut venir d’ailleurs.
Une loupe (grossissement 10X) pour observer en détail une cassure fraîche de la roche, pour reconnaître sa texture et la présence ou non de fossiles. L’échantillon de roche doit être humidifié pour que les détails soient bien visibles : le géologue a pour habitude de lécher la roche !
Quelques notions à connaître pour comprendre la géologie du Bois de Vallum
Le village de Mouchard est situé à la limite entre la Bresse où affleurent des cailloutis déposés au Pliocène, et le Jura au sous-sol constitué de roches d’âge jurassique. Ces deux domaines sont séparés par une faille que l’on rencontre à la sortie ouest de Mouchard. L’ensemble du parcours est situé en domaine jurassien, donc dans un environnement de calcaires et de marnes qui sont des roches sédimentaires.
Une roche sédimentaire étant à l’origine un dépôt sur un fond marin durci par une diagénèse, une même couche (marneuse ou calcaire) a le même âge sur toute son étendue : c’est le principe de superposition, valable à petite échelle uniquement. Les calcaires crème fossilifères du Rauracien que vous rencontrerez sont obligatoirement issus d’une sédimentation réalisée autour de -156 millions d’années.
Par ailleurs, lorsque deux couches se superposent, le même principe de superposition veut que la plus haute soit la plus récente. Ainsi, les marnes jaunâtres du Séquanien (autour de -150 millions d’années) étant sur les calcaires du Rauracien, elles sont issues d’une sédimentation plus récente.
Ces roches sont formées de sédiments qui se sont déposés horizontalement. Si elles sont aujourd’hui plissées et faillées, elles l’ont été lors de la surrection du Jura durant l’orogénèse alpine.
Glossaire
Jurassique : seconde période de l’ère secondaire. Les calcaires du Jurassique sont des roches sédimentaires constituées de dépôts qui se sont produits entre -200 et -150 millions d’années dans une mer chaude et peu profonde. Le Jurassique est sous-divisé en plusieurs périodes (Malm, Dogger, Lias), elles-mêmes divisées en différents niveaux que dans le Jura on nomme Argovien, Rauracien (-160 à -155 millions d’années), Séquanien (-155 à -150 millions d’années) …
Pliocène : fin de l’ère tertiaire (-5.3 à 2.6 millions d’années). Cette période couvre une partie de l’orogenèse alpine, entraînant une érosion intense des reliefs en formation. Cette période a produit des sédiments grossiers (appelés molasses, constitués de sable, graviers et galets) qui se sont déposés dans des dépressions d’avant-chaîne comme la Bresse, alors occupée par un lac.
Orogenèse : processus conduisant à la formation de reliefs.
Diagenèse : ensemble de processus qui affectent un dépôt sédimentaire pour le transformer progressivement en roche.
Anticlinal : pli à courbure convexe vers le haut.
Synclinal : pli à courbure convexe vers le bas.
Doline : dépression circulaire à la surface des plateaux calcaires, creusée par dissolution en surface ou marquant la présence d’un réseau karstique de profondeur dont le plafond s’est localement effondré.
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