VTT de caractère au cœur des gorges de la Loue.
Prévisions à titre indicatif — vérifiez la météo locale avant de partir.
La traversée du charmant bourg d’Ornans, imprégné de la présence de Gustave Courbet, pourrait presque donner des airs de balade touristique. Illusion de courte durée : ce passage sert surtout de transition idéale pour entrer progressivement dans l’effort. Très vite, un sentier en lisière se faufile derrière les maisons. Plutôt roulant, il entame la remontée d’un vallon, parfait pour faire monter la température.
À la confluence des ruisseaux de l’Eugney et de Vau Narbey, le ton change nettement : vous entrez dans le vif du parcours. La première bosse se dresse sans détour, avec des pentes exigeantes dès l’attaque du Bois de la Soue. L’effort est récompensé par une sortie dans les pâtures de la Grange Millet, où le regard se retourne naturellement vers le fond de vallée, déjà bien en contrebas sur la gauche, révélant le dénivelé engrangé.
Une portion roulante sur piste forestière permet alors de reprendre son souffle avant d’atteindre le rebord spectaculaire de la reculée de Châteauvieux-les-Fossés. De là, de belles fenêtres s’ouvrent sur la vallée de la Loue, offrant un panorama aussi apaisant que motivant pour la suite de l’itinéraire.
Une traversée de pâture permet de quitter presque sans s’en rendre compte le rebord de la reculée. Les chemins forestiers qui suivent se montrent tantôt roulants, tantôt nettement plus délicats lorsque le terrain est humide, avant de basculer sur l’un des temps forts du parcours : la descente sur Châteauvieux.
Dans un sous-bois de feuillus, l’itinéraire flirte avec le hors-piste. On ne sait plus très bien si l’on suit un sentier ou une trace improvisée, tant la pente, les talus et la lecture de trajectoire prennent le dessus. Le tout se termine par un sentier en lacets, grisant et exigeant à la fois. Un passage assurément mémorable.
Vous dégringolez ensuite jusqu’au fond du vallon de Raffenot, où l’ensemble castral de Châteauvieux se dresse fièrement face à vous. Et contre toute attente, la suite surprend : au lieu d’une montée brutale vers le village, le parcours continue à descendre légèrement en longeant le ruisseau. Puis, comme un cadeau, un sentier forestier en épingles permet de rejoindre Châteauvieux en douceur et avec délice, tout en finesse.
Ce n’était en réalité que le prélude à la longue montée vers le Moine de la Vallée. Une draille s’engage alors, régulière mais usante, qui permet de prendre progressivement de l’altitude jusqu’au plateau de Longeville, offrant une courte mais bienvenue respiration. Un coup de cul bien placé permet ensuite de couper une épingle de la route pour rejoindre le GR de Pays.
Très vite, vous atteignez le rebord du plateau, suspendu au-dessus des falaises dominant la vallée de la Loue. L’itinéraire longe alors les rochers du Capucin par une sente étroite, coincée entre falaises et pâtures. Les raidillons, courts mais assassins, rappellent que l’accès au point culminant ne se gagne pas facilement.
L’approche finale se fait dans une ambiance plus boisée, sans jamais perdre cette proximité vertigineuse avec les falaises à gauche. Avec un peu de chance, quelques chamois viendront ponctuer l’ascension de leur présence furtive. Et puis, sans véritable annonce, le panorama du Moine de la Vallée se dévoile : saisissant, presque irréel. Les falaises calcaires plongent dans le vide, la Loue dessine ses méandres en contrebas, et les villages s’égrènent le long de la rivière. Une véritable carte postale, à savourer sans retenue.
Presque comme un arrachement, vous quittez le site en lui tournant le dos, par sa route d’accès. Le retour aux chemins se fait rapidement au niveau de Grange Carrée, où l’itinéraire reprend résolument la direction de la vallée. La descente débute de façon rapide, avant de s’emballer soudainement avec l’arrivée d’un nouveau sentier dans les feuillus. Là, tout invite à jouer du guidon, à lire le terrain, à enchaîner les trajectoires. Le plaisir est intense… et presque frustrant tant ce passage est trop court.
La suite se fait plus rustique : on retrouve des chemins plus classiques, parfois bien cabossés par le passage du bétail, sur un sol qui conserve volontiers l’humidité. Ce tronçon vous conduit progressivement jusqu’au fond de la vallée de la Loue, pour déboucher sur le village pittoresque de Lods, dominé par son château qui se dresse fièrement au-dessus des toits. Une arrivée pleine de caractère, à la hauteur de ce que la journée a déjà offert.
Vous longez ensuite la Loue, cette fois dans le sens de la descente, que vous ne quitterez plus jusqu’au bout. Le parcours débute sur une ancienne voie ferrée, roulante et régulière, idéale pour laisser filer le vélo. À l’approche du tunnel ferroviaire, non franchissable, l’itinéraire bascule sur des sentiers plus joueurs, bien plus ludiques que la ligne droite qu’il aurait fallu emprunter. Clairement, on n’y perd pas au change.
Au niveau de Vuillafans, vous retrouvez des chemins plus larges et roulants, avant que tout ne s’enchaîne rapidement : le passage face au village de Montgesoye sur l’autre rive, puis les derniers kilomètres qui ramènent naturellement vers Ornans. Une fin de parcours fluide, bercée par la rivière, parfaite pour savourer tout ce que la boucle vient d’offrir.
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